Retour à Pasolini

♦ 9 octobre 2026, Paris
Journée d’études « Pasolini, la voix dénonciatrice des nouveaux spectres du fascisme »
→ Maison de la recherche de la Sorbonne Nouvelle, Salle du conseil, 4 rue des Irlandais, 75005 Paris.
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Cinquante ans après l’assassinat de Pier Paolo Pasolini sur une plage d’Ostie, la puissance de sa pensée critique demeure d’une actualité saisissante. Poète, romancier, cinéaste et journaliste, Pasolini a construit une œuvre traversée par une vigilance intellectuelle rare, capable d’anticiper les transformations profondes des sociétés occidentales. Aujourd’hui, alors que se déploient sous nos yeux des formes renouvelées de gouvernementalité néolibérale et des résurgences inquiétantes de logiques néofascistes, son regard apparaît comme un outil précieux pour interroger notre contemporanéité.

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  • 1. Giona Tuccini, Maria Pia de Paulis, Francesca Belviso (photo © Aude Napoli)

À rebours de toute lecture strictement historique du fascisme, Pasolini n’a cessé de montrer qu’il existe des métamorphoses insidieuses de la domination, plus discrètes mais parfois plus efficaces, qu’il qualifiait dès la fin des années 1960 de « nouveau fascisme » ou de « fascisme de la consommation ». Ces analyses, longtemps perçues comme excessives, résonnent désormais comme de véritables dénonciations politiques. Elles éclairent avec une force renouvelée la fabrique des subjectivités dans les sociétés de marché, la normalisation croissante des imaginaires, ainsi que l’érosion progressive des formes traditionnelles de dissidence.

 L’actualité déroutante de Pasolini tient précisément à cette capacité singulière qu’ont certains penseurs à saisir les contradictions profondes de leur époque avant qu’elles ne deviennent manifestes. Il appartient à cette catégorie d’observateurs lucides qui perçoivent avant les autres la logique des temps nouveaux, tout en ayant la conscience douloureuse que ces transformations sont déjà présentes, irréversibles, inscrites dans les structures sociales et culturelles. Pasolini est ainsi devenu, plus que jamais, notre contemporain : non pas seulement parce que ses intuitions se vérifient, mais parce qu’il nous offre encore un langage et une sensibilité pour nommer les spectres politiques qui hantent notre présent.Cette journée d’études internationales souhaite approfondir l’examen de cette pensée foisonnante, en accordant une attention particulière à la dernière période de la création pasolinienne. Celle-ci se caractérise par une radicalité croissante, un geste critique de plus en plus intransigeant, et un recours obstiné à des formes artistiques capables de résister à l’homogénéisation culturelle imposée par les logiques de pouvoir. 

Voir aussi

• René de Ceccatty sur les grands chemins de Pier Paolo Pasolini,  Carnet de Chaminadour #21, actes des Rencontres Chaminadour 2025.  Avec des textes d’Arno Bertina, Nathalie Castagné, René de Ceccatty, Georges Didi-Huberman, Philippe Di Meo, Hervé Joubert-Laurencin, Anne-Violaine Houcke, Francesca Isidori, Laurent Lasne, Hadrien Laroche, Gilles Leroy, Dacia Maraini, François Marthouret, Pierre Michon, Yves Pagès, Ernest Pignon-Ernest, Tessa Racine, Jean-Philippe Rossignol, Martin Rueff, Yorick Secretin, Chantal Vey.

•  Petróleo, de Pier Paolo Pasolini, Traducción: Miguel Ángel CUEVAS, Madrid, Nórdica Libros, 2025, 740 p.

Según todos los indicios, Pier Paolo Pasolini empezó a trabajar en esta novela en enero de 1967, y se dedicó a ella, con creciente actividad, hasta el momento mismo de su asesinato. Sus declaraciones no dejaban duda respecto a la importancia que atribuía al libro: «Lo que he hecho desde que nací no es nada en comparación con la obra gigantesca que estoy llevando a cabo», decía en diciembre de 1974, y en enero de 1975 precisaba: «Contiene todo lo que sé, será mi última obra». En la concepción de Pasolini, Petróleo debía presentarse como «la edición crítica de un texto inédito». Este libro inacabado y fragmentario ha hallado singular y trágico acomodo en las circunstancias que han rodeado su labor de edición que se han llevado a cabo durante varias décadas, siendo este volumen monumental la edición definitiva de la gran obra de Pasolini.


💻 « Petróleo. 50 años del asesinato de Pasolini ». Conversación en torno a Petróleo, con Miguel Ángel Cuevas, Cristina Santamarina y Diego Moreno, Salamanca, 20 mayo 2026.
📖 Víctor J. Vazquez, Boga de Pier Paolo Pasolini », Letras libres, 13 febrero 2026.
📖 Alejandro Luque, « Miguel Ángel Cuevas, traductor de ‘Petróleo’ (Pasolini): “Hay que entrar en la obra como en un artefacto explosivo” », Makma, Valencia, 2 de febrero de 2026.
📖 Miguel Ángel Cuevas, « Sobre el petróleo pasoliniano de Editorial Nordica », Culturamas, 27 enero 2026.
📖 Jordi Corominas, « Petroleo, genialidad y misterio de un Pasolini (in)completo », El Cultural, Madrid, 31 octubre 2025, p. 6-9.
📖 Ibon Zubiaur, « Genio a borbotones », El Correo, Bilbao, 25 octubre 2025, p. 4.


•  Miguel Ángel Cuevas: les langues du poème
La traduzione francese dal testo originale è stata invece realizzata da Michèle Gendreau-Massaloux e da Marc Cheymol. Il francese, in qualche modo più distante rispetto al perfetto bilinguismo spagnolo-italiano del poeta di Alicante, aiuta il lettore nella decriptazione dei suoi versi, in quanto lingua che riesce a sciogliere talvolta certe ambiguità sintattiche e grammaticali e perfino certe anfibologie semantiche. (Rosalba Galvagno)


•  Remise du XXIIe Prix Italiques à René de Ceccatty

Le XXIIe Prix Italiques a été remis solennellement à René de Ceccatty dans le Teatro siciliano de l’Hôtel de Boisgelin, siège de l’Ambassade d’Italie en France, le vendredi 2 décembre 2022, pour son livre Avec Pier Paolo Pasolini, Éditions du Rocher, 2022.

 

 

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