Miguel Ángel Cuevas: les langues du poème

Du 23 au 25 juin 2024, Miguel Ángel Cuevas sera à Paris pour présenter sa première édition trilingue: Triptyque (Creux – et pierre, suivi de Postuma), traduit de l’espagnol par Michèle Gendreau-Massaloux et Marc Cheymol, avec une postface de Marc Cheymol. Illustration de couverture: Christian Bonnefoi, Géométrique, 2023, Paris, éditions éliott, collection « Les langues du poème » 2024, 250 p.

• dimanche 23 juin 2024, au Marché de la poésie
Marché de la poésie, stand des éditions éliott, Place Saint-Sulpice, 75006 Paris, de 11h.30 à 17h.00.

• lundi 24 juin 2024, en français et en italien
avec Michèle Gendreau-Massaloux, Marc Cheymol, Mathieu Mulcey; présentation en français, lecture de poèmes en italien.
La Libreria, 89 rue du Faubourg Poissonnière, 75009 Paris, 19h.00.

• mardi 25 juin 2024, en français et en espagnol
avec Michèle Gendreau-Massaloux, Marc Cheymol, Mathieu Mulcey; présentation en français, lecture de poèmes en espagnol.
Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris, 19h.00.


Dossier

L’une des questions posées par le livre est celle de la possibilité de la représentation avec les mots et des limites du dicible. Les textes ici proposés ne sont pas conceptuels ou abstraits ; ils sont au contraire ancrés dans la matière, dans le visuel. (Philippe Ollé-Laprune, « L’art à trois dimensions de Miguel Ángel Cuevas », Revue Esprit, mai 2024)
E vi abitano le lingue e le voci: il castigliano e l’italiano del poeta spagnolo bilingue, non solo due idiomi, ma due diverse voci che si riflettono in variazioni di suoni e di sensi, senza tuttavia tradursi in senso letterale, ora riverberate, in nuove risonanze, dalla lingua francese. Voci che condividono un cammino nella stessa direzione attraverso un dialogo incessante, ognuna però nel profondo della propria estraneità, pur nella comune radice di lingua e di pensiero. (Laura Caccia, “Triptyque” di Miguel Ángel Cuevas, “un’inesausta” e brillante “ricerca di sillabazione”, POESIA & POETI, Marzo 1, 2024)

 

Miguel Angel Cuevas s’inscrit dans la descendance de Mallarmé et cite volontiers Celan, Bonnefoy et Deguy. Ses poèmes, très concis (ils dépassent rarement huit vers), taillés en diamants, frappent d’abord par l’indépendance des mots : syntaxe évanescente, omission fréquente des articles et des prépositions, homonymie ambiguë dans les deux langues entre substantifs et formes verbales, refus systématique de la métonymie (description, narration, lyrisme) au profit d’enchaînements métaphoriques. Ce qui l’intéresse, c’est le « mot / à l’intérieur / du mot ». D’où cette voix si reconnaissable, « La voix / de la rocaille / à la gorge ». […] Ce programme radical, heureusement, n’exclut pas la sensibilité, voire, par éclairs, le pathétique : images obsédantes de chair à vif, de crevasses, de murs dégradés, d’éruptions volcaniques (il écrivait à l’ombre de l’Etna), de mater dolorosa ( deux poèmes s’intitulent PIETÀ ), avec, semble-t-il, de fugitives allusions à la terrible guerre civile espagnole qui hante même ceux qui, comme lui, ne l’ont pas connue. […] Ce modernisme revendiqué reste nourri de Gongora, de l’art sacré si violent et si cru du baroque espagnol et l’âpreté de ses vanités, ainsi que des gravures de Goya ou des films de Buñuel. (François Lescun, « Miguel Angel Cuevas :Triptyque », revue Europe, mai 2024.

 

Cuevas est contraint d`inventer un nouvel idiome pour exprimer la matière mémorielle. Si la syntaxe parfois malmenée ne conduit pas tout à fait au maniérisme d’un Góngora, la référentialité reste énigmatique el renvoie à un monde émietté, troué, délité par assèchement et réduit à son état origine, à sa forme brute, à une flore sauvage : poussière, boue, gorge, falaise, bord de mer, chardon, aubépine, roseaux, rarement des constructions élaborées : murs de soutènement, murets, enclos, quelques animaux (poulains, pouliches, chenilles, larves) et une présence discrète des personnages réduits à des criminels, des fusillés, des cadavres et surtout la présence fantasmatique du Christ, mort sur la croix et de la Vierge éplorée. Évocation d’un sacrifice, mais pour un peuple sans rédemption. […]  Faut-il voir dans cette proximité entre les deux pièces, la vocation tragique de l’Espagne en proie à un caïnisme, déjà dénoncé par Antonio Machado, mais qui retrouverait chez Cuevas les accents désabusés d’un traumatisme insurmontable, ou à tout le moins des échos quévédiens, transis par le sort d’un pays qui tente de renaitre de ses cendres. Face au désastre, le poète se laisse porter par une reconquête de la matière génésique (limon, argile, glèbe, qui permet de pallier l’aridité, de reconstruire à partir des ruines et des éboulis d’où émergerait une vie nouvelle, mais celle d’un sujet déchu, tourné vers un avenir qui effacerait toute complicité ou toute responsabilité dans le déchaînement de la tragédie.  (Claude Le Bigot, « Miguel Angel CUEVAS : Triptyque», Les Langues néo-latines, n°408, mars 2024, p.118-122.)

Appare sempre, a ogni lettura e rilettura, un prodigio di creatività artistica, qualcosa di impossibile e di ineffabile il transito dallo spagnolo all’italiano e viceversa dei componimenti del poeta alicantino Miguel Ángel Cuevas. Costanti il mantenimento e l’approfondimento migliorativo del gioco biunivoco, del travaso o trapasso da una lingua all’altra, cui ci ha abituato negli anni Cuevas, non pura traduzione, ma palinodica ripresa e rifacimento creativo del già fatto e poi superato e quindi condotto, con un’opera scavo continuo, al miglioramento nell’acribico lavoro di spoliazione, denudamento fino all’essenziale, mai forse definitivamente conseguido, nell’insistenza di nominazione di cose, di esperienze, di sentimenti, di pensieri e di fantasmi ricorrenti e fortemente radicati nella vita, nella mente e nell’immaginario del poeta. […] Il terzo dato è costituito dalla disposizione grafica dei tre testi nella due pagine poste l’una di fronte all’altra, quasi a formare una sorta di tripolare poesia visiva, elaborata tra nominazioni musicali di scazontica armonia poietica ed evocazioni figurative. Devo concludere, annotando che la riuscita di questa iniziativa editoriale mi si configura come la riprova, se mai ce ne fosse stato bisogno, del fatto che già il biunivoco lavoro di Cuevas tra spagnolo e italiano aveva una sua verità e una validità di fondo, se è vero com’è vero che è stata ora possibile quest’altra operazione artistico-creativa. (Sebastiano Burgaretta, “Triptyque di e per Miguel Ángel Cuevas”,  per Pentelite (Sicilia), maggio 2024)
Christian Rosset, « Terrain vague (6) – – poésie, etc. », Diacritik, Le magazine qui met l’accent sur la culture » , 28 février 2024 

Recital poético de Miguel Ángel Cuevas, con el recital poético del catedrático de Filología italiana, Miguel Ángel Cuevas. Última sesión del Aula de Poesía Facultad de Filología – Ateneo de Sevilla. Presentan el acto Rocío Rojas-Marcos y Paco Deco.

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