Vient de paraître

Présentation des actes du colloque Il ’68 in Italia e in Francia : sguardi incrociati / 1968 en France et en Italie: regards croisés, a cura di Alessandro Giacone, introduzione di Jean Musitelli, Roma, Aracne, 2019, collana « Publications d’Italiques », n°10, 236 p.
La Libreria, 89 rue du Faubourg Poissonnière, Paris 9e, 19h.
En novembre 2019 sont parus les actes du colloque « Il ’68 in Italia e in Francia : sguardi incrociati / 1968 en France et en Italie: regards croisés » (Rome, Fondation Primoli, 2018).

  • Actes du colloque 2018 d’Italiques


Il ’68 in Italia e in Francia : sguardi incrociati / 1968 en France et en Italie: regards croisés, a cura di Alessandro Giacone, introduzione di Jean Musitelli, Roma, Aracne, 2019, collana « Publications d’Italiques », n°10, 236 p.

En France comme en Italie, 68 tend à nos sociétés contemporaines un miroir où contempler les angoisses et les impasses du moment et une incitation à y puiser l’énergie nécessaire pour les surmonter.
Ce n’est pas pour céder à la mode ni pour ajouter une pierre à l’exercice un peu vain des célébrations nationales qu’Italiques a consacré à 1968 en France et en Italie: regards croisés son colloque annuel en 2018, mais bien pour tenter d’en appréhender, sous un jour nouveau, le sens et la portée, en croisant les regards qu’on y porte des deux côtés des Alpes, en confrontant la façon dont l’événement fut vécu dans nos deux pays et dont on le revisite aujourd’hui.
L’originalité de la démarche que nous avons mise en œuvre réside dans l’approche résolument comparative et culturelle qui est la marque de fabrique d’Italiques, le mètre de ses ambitions, la signature de ses initiatives.
Ce qui nous frappe en effet c’est que, paradoxalement, alors que le « moment 68 » constitue un événement de portée transnationale comme on n’en a pas revu depuis, mobilisant des foules de manifestants sur des mots d’ordre communs de Berkeley à Tokyo, de Prague à Madrid, de Rome à Berlin, de Mexico à Paris, les commémorations ont conservé un caractère national et personne ne semble s’être risqué à une analyse comparative.
Pourtant, c’est en Italie et en France que le mouvement a été porté à son plus haut degré d’incandescence. Aucun autre n’a connu une conjonction aussi étroite entre la contestation étudiante et les luttes ouvrières, des mobilisations aussi massives, des résonances et des suites aussi profondes.
En second lieu, si une série de causes objectives, générées par le contexte économique, social, démographique, y ont produit des effets analogues, ces similitudes transnationales n’ont en rien gommé les spécificités et les colorations propres à chacun des deux pays et ont même constitué une sorte de révélateur des idiosyncrasies nationales.
Un autre facteur nous a guidés. C’est en Italie et en France que le processus de relecture de 68 a connu les développements les plus conséquents, selon des approches et avec des objectifs largement parallèles. L’intention d’Italiques est aussi de rendre hommage à ce travail d’investigation qui assigne désormais à 68 le statut d’objet historique à part entière, et de confronter le regard neuf et exigeant des chercheurs d’aujourd’hui à la mémoire de témoins et d’acteurs qui restent indélébilement marqués par le signe de Mai.
Enfin, conformément à la vocation d’Italiques, nous avons souhaité mettre l’accent sur la dimension culturelle de l’événement, trop longtemps éclipsée par les lectures politiques et idéologiques. On redécouvre après coup à quel point 68 a cristallisé, dans nos deux pays, une articulation entre les luttes politico-sociales et la création artistique d’une fécondité sans égal.

Jean Musitelli

 

Jean A. Gili, Philippe Artières, Frédéric Attal, Ludivine Bantigny, Marco Boato, Riccardo Brizzi, Guido Crainz, Marc Lazar, Hugues Le Paige, Dominique Lesur-Budor, Julie Pagis, Gianfranco Pannone, Antonio Varsori, Ilaria Vezzani, Xavier Vigna, Michelle Zancarini-Fournel.

Présentation sur le site de l’éditeur